Profil Bio Express
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Xavier Griache

Selon lui, il faut savoir d'où on vient

Sous le soleil de l'Afrique, s'éveilla sa sensibilité de poète

Il espère dans l'espèce
Humaine

Il travaille dans une structure d'accueil

Xavier Griache

Un urgentiste social


Educateur spécialisé pour les personnes en grande précarité, Xavier Griache, espère dans l’espèce humaine et refuse de croire en sa perdition. Bien campé dans son fauteuil, l’œil bleu pervenche, il se raconte facilement : « Pour comprendre un homme, il faut savoir d’où il vient. Alors, allons y ! Ma famille et moi avons vécu longtemps au Gabon, en Afrique. Enfant, j’ai eu le bonheur d’assister à des levers de soleil qui ont éveillé une sensibilité de poète en moi. A l’adolescence, de retour en France, en Auvergne, j’ai découvert la vie en noir & blanc. Mon frère aîné a souffert d’une dépression et moi, j’ai essayé de survivre en dépit de mes angoisses. Pour tenir le coup, j’ai participé à une vie associative. A vingt ans, j’ai rejoint la capitale. En suivant les cours d’une école supérieure de composition, la Scola Cantorum, j’ai travaillé en intérim comme agent administratif dans des banques. Au bout de quatre ans, j’ai plongé. Seul dans une soupente de banlieue, j’ai dégringolé. Dans l’impossibilité de gérer mon existence, enfermé dans une chambre, sans conscience, perdu, je me suis désocialisé. Dans le pire des états, j’ai rencontré une assistante sociale formidable. Elle m’a proposé une thérapie. Aidé par des professionnels, j’ai ressenti un grand changement. Ma famille a connu un début de communication. Handicapé par son propre passé, mon père a commencé à s’ouvrir, à converser avec moi. Dès lors, j’avançais de guérison en guérison. Je relisais des textes spirituels et justifiais tout par la foi.

« Très vite, j’ai suivi une formation en PNL, la programmation neurolinguistique, une méthodologie appliquée de psychologie. En fait, ça me servit beaucoup pour moi-même. Devenu coach sportif, j’ai entraîné de jeunes espoirs du Tennis français, sport qui fut ma passion entre quatorze et vingt ans. En mai 1998, après un nouveau stage, j’ai choisi de m’orienter dans l’humanitaire. Année champagne ! La France battit le Brésil « 3 à 0 », je fis la connaissance de la femme de ma vie. En continuant de prier beaucoup, je me fis engager par La Mie de Pain, une structure d’accueil pour personnes en difficultés.


Zoom sur les séjours "rupture"

« Le fait, dit Xavier Griache, d’avoir animé des groupes de sept personnes lors de séjours rupture, avec l’association Cap vers la liberté sur le Faros, un bateau de longue croisière qui naviguait de port en port le long de la côte Bretonne, m’a permis de capitaliser nombre d’expériences sur les relations de proximité. Rien de tel en effet que de faire vivre une équipe d’hommes en situation de grande précarité dans un milieu non seulement réduit mais hostile pour mûrir. Et, oserais-je le dire, pour mourir aussi à soi-même… »